Charlotte Girard, 2nde3 2008/09
Partir 3 mois à l’étranger au milieu de l’année scolaire est un projet qui peut, j’en conviens, paraître bizarre. Il faut s’habituer à l’idée de quitter sa maison, sa famille, ses amis, son lycée, tout son environnement en fait. C’est une séparation inhabituelle qui peut angoisser mais aussi provoquer de l’excitation face à l’inconnu.
Ce départ, je l’ai choisi en partant 3 mois à Düsseldorf (le troisième trimestre de ma seconde) avec le programme Brigitte Sauzay. Les sections internationales de Sèvres m’avaient trouvé là-bas une correspondante qui fréquentait le Suitbertus Gymnasium à Kaiserswerth, un quartier de Düsseldorf. (cf. le texte de sa correspondante Rebekka sur son séjour à Sèvres). Elle-même habitait dans une ville de la proche banlieue avec ses parents et son grand frère. Comme je n’étais pas très à l’aise à l’idée de les découvrir au début de mes 3 mois, je leur ai rendu visite 3 jours lors des vacances de Noël. Heureusement, nous nous sommes tout de suite très bien entendues toutes les deux (bien que 3 jours ne soient pas très représentatifs) et la famille entière a fait de son mieux pour que je me sente chez moi dès le début. Evidemment, ça n’a pas été le cas tout de suite mais je me suis tout de même sentie acceptée.
Le vrai départ a eu lieu le 16 février. Il me paraissait un peu surréaliste, je n’arrivais pas du tout à réaliser que j’allais tout quitter pour 3 mois. Les adieux ont donc été un peu bizarre mais pas aussi déchirants que ce qu’on pourrait imaginer. La découverte passée, les premières semaines en Allemagne se sont déroulées très lentement. J’avais l’impression d’être hors du temps, un peu dans un autre univers. Ca a été les moments les plus durs de mon voyage. Le rythme était totalement différent : l’école commençait un peu plus tôt mais finissait beaucoup plus tôt (vers 13h) et le temps libre de ma correspondante était bien rempli. Je n’avais toutefois aucune envie de la suivre partout. J’ai donc demandé à sa mère de m’inscrire à des cours d’athlétisme et de clarinette. On m’a en plus proposé de faire partie de l’orchestre de l’école ce que j’ai accepté avec joie d’autant qu’une de mes amies allemandes y jouait aussi. Je suis donc partie, environ un mois après mon arrivée, en voyage de répétition avec l’orchestre. Ce fut l’un des meilleurs moments de mon séjour.
Après ce voyage, le temps a commencé à passer beaucoup plus vite, je gardais sans problème contact avec la France grâce aux emails et mes parents sont venus me voir un week-end. J’ai vu des amis qui étaient aussi en échange scolaire dans la région et enfin, deux autres Françaises sont arrivées dans l’école (une mi-mars et l’autre début mai). Même si j’essayais de parler français le moins possible, c’était rassurant de ne pas être toute seule.
Mon dernier mois de séjour a été le plus agréable, mais aussi celui qui est passé le plus vite. Je m’étais totalement adaptée et j’avais un train-train quotidien. Je commençais à me sentir vraiment chez moi. A l’école, je m’étais habituée aux cours, je comprenais presque tout et j’ai même participé aux examens de fin d’année (une sorte de brevet).
Le départ a été aigre-doux... J’étais partagée entre la joie de rentrer et le fait que je laissais plein d’amis derrière moi. Mais à l’arrivée en France, c’est la joie qui l’a emporté. Dans les semaines suivantes, j’ai retrouvé mes marques, même si certaines choses avaient changé, et je n’ai eu aucun mal à me replonger dans les cours français puisque j’étais tout le temps restée en contact en essayant de suivre un minimum, et cela a suffi.
| Ce séjour m’a beaucoup apporté. Sur un plan scolaire tout d’abord, j’ai progressé en allemand, ce dont je me suis rendu compte par moi-même, et j’ai beaucoup appris. J’ai également trouvé cette expérience enrichissante sur le plan humain. J’ai découvert un autre environnement, une autre culture, d’autres traditions. J’ai rencontré des gens différents, et surtout j’ai évolué. Aujourd’hui en partant pour un voyage de ce genre, je n’éprouverais plus d’angoisse mais seulement de l’excitation. |

Dernière modification le 20-02-10 par