par Nikola Gazzo
Le 10 juin, les SIS ont eu la chance de pouvoir inviter les auteurs Béatrice Durand ("Cousins par Alliance : les allemands dans notre miroir") et Babette Nieder, ("L’Europe par l’école" et Secrétaire Générale de "La Maison d’Europe") à participer à une table ronde au sujet de l’éducation bi-culturelle. Un débat passionnant.
Éducation biculturelle : défis et opportunités

Il ne faut pas trop s’imaginer comment seront nos enfants biculturels et bilingues, ils deviendront des personnalités avec un bagage peut-être un peu particulier, mais garni de multiples valeurs ajoutées ! Ils auront plusieurs racines, racines qui ont traversé les frontières certes, mais quel individu n’a pas des racines aux ramifications remontant à des origines variées ?
N’ayons crainte, les échecs de l’éducation biculturelle - si elle n’est ni trop idéalisée ni trop exigeante - sont plutôt rares, sinon cela se saurait. Béatrice Durand nous a montré lors de la "table ronde " organisée par les Sections internationales de Sèvres, que l’éducation biculturelle est une aventure qui devrait rimer avec l’abolition des idées reçues et des clichées que nous avons de l’autre culture, idées qui semblent malgré tout avoir la vie longue.

Pour donner l’opportunité à de plus en plus d’enfants - et non seulement aux enfants de parents biculturels - à bien parler une seconde langue européenne, il faut inciter les professeurs à devenir les ambassadeurs d’une autre culture - chose qui ne marchera que si les professeurs aussi s’exposent véritablement à d’autres cultures et langues lors de leur formation ! Et, il faut reléguer l’anglais à la deuxième place des langues vivantes - car en prônant l’utilité économique de la langue anglaise massacrée " à toutes fins utiles " on détruit toute notion de diversité culturelle en Europe !
En transformant la langue de Shakespeare en langue véhiculaire économique et juridique qui ne sert qu’à des objectifs purement mercantiles, nous nous coupons la branche sur laquelle nous sommes assis.
Babette Nieder sait de quoi elle parle, car elle a observé ce phénomène assez longtemps à la Commission européenne où la langue véhiculaire - de facto - est l’anglais, malgré les efforts faits par la Commission européenne de traiter toutes les langues de façon égale. Nous ne perdrons pas seulement notre identité linguistique, mais aussi celle qui est culturelle et juridique. Vaut mieux s’approprier une deuxième voire une troisième culture que de s’aligner sur une culture superficielle et artificiellement créée.

Gilles Boquien, partenaire de "GBO consultants " pour des entreprises franco-allemandes s’exprime dans ce même sens en rappelant qu’il y a 20 ans, l’allemand fut indispensable dans un CV d’un cadre supérieur alors qu’aujourd’hui, ce n’est plus qu’un "atout ", après la maîtrise de l’anglais, bien sur.
Mais il reste de multiples secteurs dans lequel l’allemand ou le français sont indispensables dans la coopération économique franco-allemande. Si la maison mère est d’une de ces nationalités, on ne percera certainement pas le secret de l’entreprise avec l’anglais !
Les multiples efforts faits par les deux Etats et leurs représentants politiques et culturels sont uniques dans le monde et mériteraient de servir d’exemple pour d’autres partenariats européens : les jumelages entre les villes et la création de l’Office franco-allemand de la jeunesse ont profondément marqué la réconciliation entre les deux pays. De l’intensification des échanges dans le cadre du programme européen "ERASMUS" ont résulté les programmes Voltaire et Brigitte Sauzay, voire la création de l’université franco-allemande.
Quel autre partenariat européen peut se vanter de tant d’efforts faits, à commencer par la volonté exprimée par les trois intervenants d’en finir avec les stéréotypes !
Littérature :
Ou, des mêmes auteurs :
"Studieren in Frankreich und Deutschland - akademische Lehr-und Lernkulturen im Vergleich"
Avinus Verlag
Dernière modification le 29-03-09 par